Émouvante Joannie
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Vancouver, 23 février 2010 (Sportcom) – Comment décrire la soirée? Tous les yeux, voire tous les cœurs étaient tournés vers Joannie Rochette. La patineuse de l’Île-Dupas, dont la mère est morte dimanche à Vancouver, a offert une prestation émouvante et magistrale.
À la fois fragile comme une fleur du printemps et solide comme le roc, Joannie Rochette a présenté son plus beau programme court de la saison. Ses 71,36 points ne changent rien à la situation, mais ils représentent son meilleur pointage en carrière. « Je n’ai aucun regret, mais dans dix ans, peut-être que j’aimerais revenir et recommencer », a-t-elle confié à Mike Slipchuk, le directeur de la haute performance à Patinage Canada à propos de sa performance.
La foule a été respectueuse. « J’ai reçu un bel accueil chaleureux de la foule, mais c’est difficile à recevoir. J’apprécie le soutien, je m’en souviendrai toute ma vie », a ajouté celle qui n’a laissé voir sa peine qu’à la dernière note de sa prestation, éclatant en sanglots. « Je n’ai pas de mots pour décrire ce que je ressens. » On aurait envie d’ajouter : nous non plus. Personne n’étant resté indifférent devant cette grande marque de courage et ce témoignage d’amour envers sa mère.
Plusieurs athlètes canadiens se sont déplacés pour soutenir la patineuse qui n’a que 24 ans. Jennifer Heil, Alexandre Bilodeau et leur entraîneur Dominick Gauthier, François-Olivier Roberge et les médaillés d’or Tessa Virtue et Scott Moir, entre autres, ont été des spectateurs attentifs à la performance de leur compatriote. Un soutien qui s’ajoute aux milliers de messages que Joannie a reçus par l’intermédiaire de sa page Facebook.
Une bête chute
L’autre Québécoise en action, Cynthia Phaneuf, avoue avoir été remuée par ce qui arrive à son amie. « Tu ne peux pas ne pas être atteint quand c’est quelqu’un qui est proche comme ça. Ça fait longtemps que je connais Joannie. Elle a un caractère très fort et je suis certaine qu’elle va passer au travers », a indiqué Phaneuf. Pour se protéger, la patineuse de Contrecoeur a essayé tout simplement de ne pas y penser. « Il faut sortir ça de sa tête et se concentrer sur la job qu’on a à faire. C’est plate, mais c’est ça.»
Et le travail, Cynthia Phaneuf l’a presque réussi à merveille. Après son double Axel, Phaneuf a eu un peu de difficulté à sortir de sa combinaison triple lutz-double boucle piquée, mais l’erreur est survenue dans sa séquence de pas où elle a chuté. Elle a affiché, le temps d’un bref instant, un air incrédule. « Pendant deux secondes, je me suis demandé combien ça allait me coûter. J’ai entendu la foule retenir son souffle quand je suis tombée, elle l’a fait en cœur. Après ça, j’ai continué à profiter de ma performance, à profiter de la foule qui m’encourageait. » Au bas mot, cette chute lui a probablement coûté quatre points : trois pour l’élément raté et un pour la chute en tant que telle. « C’est bête. C’est comme se prendre le doigt dans une porte. C’est quelque chose qui arrive une fois par année et… c’est arrivé ici. »
La patineuse dirigée par Sophie Richard et Annie Barabé a récolté 57,16 points. « J’ai été un peu surprise quand j’ai vu les points » a dit Phaneuf qui avait récolté 66 points aux Championnats canadiens où elle avait offert une performance sans bavure. « C’est quand même mon plus haut pointage que j’ai eu en compétition internationale. » Elle occupe le 14e échelon.
La meneuse au terme du programme court est la Sud-Coréenne, entraînée par Brian Orser. Yu-Na Kim a obtenu 78,50 points, son meilleur pointage sur la scène internationale. La Japonaise Mao Asada, 73,78, est seconde, tandis que Joannie Rochette occupe le troisième rang.
Le programme libre sera disputé jeudi.
Rédaction : Caroline Larose
